L’INVASION DU QATAR GRÂCE AU PSG

Le PSG fait parler. Le PSG fait rêver. Le PSG fait fantasmer.

Depuis l’arrivée des Qataris à la tête du club parisien en 2011, celui-ci a changé de dimension en termes d’exposition. Le PSG est devenu une des plus grosses machines marketing du monde.

Carole Gomez, directrice de recherche à l’Iris, spécialiste du sport dans les relations internationales, a déclaré : « Si vous n’étiez pas spécialiste de l’énergie et du gaz il y a 10 ans, vous n’auriez pas été capable de situer le Qatar sur une carte ».

Comment un pays comme le Qatar, avec une superficie inférieure à la Corse, un petit pays en surface, est-il arrivé à déployer tout un arsenal pour devenir incontournable dans les médias ? Le Qatar s’est créé une image de marque forte et inévitable. Ce pays du Golfe Persique a révolutionné le club de la capitale en lui offrant une dimension mondiale. Mais quel est leur véritable but ? Est-il uniquement sportif ? Ou souhaite-t-il faire main basse sur la France ? Le plan méthodique des Qataris et de Nasser Al-Khelaïfi est en marche.

UN PLAN MÉTHODOLOGIQUE

Après avoir racheté le PSG en 2011, le Qatar commence par structurer le club pour ensuite accélérer en signant de gros joueurs. Ici, je ne vais pas parler de tous les joueurs qui ont été signés mais plutôt des gros coups qui représentent chacun plusieurs phases.

La première commence avec Carlo Ancelotti et Zlatan Ibrahimović. Il est important pour les Qataris de faire en sorte que le PSG redevienne d’abord un grand club de France avant de devenir un grand club international. Ils choisissent donc Carlo Ancelotti comme entraîneur pour incarner ce renouveau. Ancelotti a un parcours prestigieux. Il est connu pour être un homme efficace.

Le PSG lance un recrutement ambitieux et surtout malin pour construire le futur. En 2012, arrive le brésilien latéral arrière gauche, Maxwell. C’est un très bon joueur mais pas un grand joueur. Les Qataris sont malins puisqu’ils recrutent le meilleur ami d’une grande star qui viendra quelques mois plus tard au PSG, Zlatan Ibrahimović.

C’est le premier gros coup du PSG qui lui permet de commencer à rayonner. La première saison est une saison de transition. La seconde fera basculer le PSG un peu plus dans les grands du foot européen. La phase 2 commence avec un recrutement pharaonique.

Neymar, le brésilien attaquant star du FC Barcelone, arrive au PSG pour un demi-milliard d’euros. Un merchandising colossal se met en marche ainsi qu’un rayonnement mondial. Mais ce n’est pas tout ! Le Paris-Saint-Germain s’offre le futur du football avec le recrutement du jeune prodige Kylian Mbappé pour un prêt d’une saison avec une option d’achat à 180 millions d’euros. Le PSG frappe fort parce que personne n’avait dépenser autant pour un mercato.

Arrivée de NEYMAR et de Kylian MBAPPÉ

Les Qataris construisent mais là encore ce n’est qu’une étape. La phase 3 arrive avec la venue d’un des plus grands joueurs de la planète, Lionel Messi. Transfert qui fait énormément parler. Toutes les caméras du monde sont braqués sur Paris. Messi c’est quand même 6 ballons d’or à ce jour. Un transfert historique qui est … gratuit.

Arrivée de Lionel MESSI

Enfin gratuit dans le football, ce n’est pas vraiment gratuit. Le joueur était libre de tout contrat avec Barcelone mais le Paris-Saint-Germain lui verse 37 millions d’euros de salaire ainsi que 13 millions de bonus de résultat et 50 millions de prime à l’achat. Ces sommes peuvent paraître complètement folles mais les Qataris savent ce qu’ils font. Ils sont conscients du retour sur investissement que représente Lionel Messi.

Son ancien club, c’était 30 millions de maillots vendus par an. Ce sera sûrement similaire à Paris. Dès l’annonce de sa venue, les fans font la queue pour acheter son maillot.

La valeur du club est donc plus importante lorsqu’il a un des joueurs les plus talentueux de la planète. Il peut donc négocier leur partenariat à la hausse. Les places vont également certainement augmenter.

On verra que ça ne plaît pas à tout le monde dans le dernier chapitre de cet article, lisez bien jusqu’au bout.

La vision est plus importante que le chemin.

La vision, c’est votre objectif. Le chemin, ce sont les outils qui vous permettent d’arriver à votre objectif.

Les Qataris ont mis en place un plan pour atteindre leurs objectifs en utilisant divers outils, la venue de grands joueurs et la structuration du club. L’objectif n’est pas celui que l’on croit.

On en parle un peu plus bas. Le PSG devient une machine à dépenser mais également une machine à gagner. Comme d’autres grands clubs européens, le PSG lance une quatrième tunique. Alors que les clubs ont normalement trois maillots, avec ce quatrième, le PSG est censé accroître ses revenus. Ce quatrième maillot profite au business du PSG qui développe une collection de textile et une paire de sneakers.

Le PSG innove également en intégrant une nouvelle crypto-monnaie, le Paris-Saint-Germain Fan Token. Pour être honnête, je ne pense pas que ce soit une crypto-monnaie du futur mais c’est intéressant de voir comment le PSG profite des nouvelles technologies pour faire parler encore de lui. Cette crypto-monnaie permet aux supporters d’interagir avec l’équipe et d’être associés à certaines décisions de la vie du club. Comme d’afficher sur le mur du vestiaire, des messages pour motiver les joueurs ou de voter pour le but de la saison. Aucune grande décision en soit. Au moment où j’écris cet article, le PSG Fan Token est à la 448ème place sur Coin Market Cap, site qui classifie les crypto-monnaies. Pour en savoir plus sur le sujet des crypto-monnaies,  j’ai écrit un article qui analyse la plateforme Crypto.com.

Avec ce plan méthodique, le PSG est passé sur le devant de la scène. Tout le monde en parle et tout le monde connaît le Qatar. Mais peut-on dire pour autant que leur objectif est uniquement sportif ?

SI VOUS NE VISEZ RIEN, VOUS N’ATTEINDREZ RIEN !

Selon un article des Échos paru en 2019, 79 % des entreprises interrogées estiment que vu de l’étranger, France rime avec « art de vivre ».

Mais qu’entend-on par « art de vivre à la française » ? Cela peut être répertorié en cinq grandes catégories :

  • La première : l’art, la culture, le patrimoine, l’histoire. 
  • La deuxième : les bonnes manières, même si cela relève plus d’un fantasme que d’une réalité. Il suffit de marcher quelques minutes dans Paris pour en mesurer l’ampleur.
  • La troisième : la gastronomie, le bon vin, la cuisine française qui sont reconnus dans le monde entier pour ses cuisiniers de grande qualité ainsi que les mets qu’ils conçoivent.
  • La quatrième : la haute culture et le luxe.
  • Et enfin le dernier point, le romantisme à la française. Là encore, un stéréotype qui n’est plus vraiment d’actualité.

Tous ces éléments fabriquent une recette, l’art de vivre à la française, qui permet de créer une image de marque attractive à l’international.

Paris était la troisième ville la plus visitée au monde en 2017 avec 17,44 millions de touristes internationaux. De façon indirecte, le Qatar bénéficie du prestige culturel de tous les touristes qui transitent par la France. C’est ce qu’on appelle le Soft Power. L’action publique a un effet dans le domaine économique. C’est la capacité d’un État à influencer et à orienter les relations internationales en sa faveur par un ensemble de moyens autre que coercitifs (menace ou emploi de la force). Le Qatar renforce ainsi la légitimité de son action internationale, ce qui constitue également un facteur de puissance.

La France fait d’ailleurs un peu la même chose avec son art de vivre à la française à l’étranger. Le Qatar le fait avec ses millions en France. Tout comme les USA qui avaient importés leurs chewing-gums, leur Coca-Cola et leur cinéma après la seconde guerre mondiale. En 1944, les G.I. ont apporté la liberté mais aussi leurs produits et leur style de vie : l’American Way Of Life.

Les entreprises américaines comprennent vite qu’elles peuvent se servir d’un conflit comme d’un levier pour devenir des firmes multinationales et conquérir le monde. Cette montée en puissance du Qatar correspond à l’arrivée de la coupe du monde dans ce pays en 2022.

En 2010, le Qatar obtient l’organisation de cet événement majeur. De forts soupçons pèsent sur eux concernant les conditions d’obtention de cette manifestation sportive qui est la plus regardée au monde après les Jeux Olympiques.

Selon le site de la FIFA, la finale entre la France et la Croatie en 2019 a attiré une audience de 1,12 milliards de téléspectateurs. Une superbe vitrine en perspective pour le Qatar en 2022.

Et comme les Qataris sont loin d’être des personnes stupides, les infrastructures érigées pour la future coupe du monde pourront être réutilisées pour de futures grandes manifestations internationales. La gestion du club de la capitale donne aux Qataris un crédit footballistique.

Le PSG sert de point d’appui pour développer la marque Qatar à l’international avec un objectif, la coupe du monde de 2022. En à peine 50 ans, le Qatar est passé d’un pays pauvre de pêcheurs à un géant du pétrole et du gaz dont le PIB par habitant est l’un des plus élevés au monde. À ce jour, il est d’environ 50 000 $ par habitant. La France est à environ 38 000 $ / habitant. Les Qataris ont conscience que les réserves de gaz au sein de l’émirat ne sont pas éternelles.

Il est donc indispensable de penser à l’après et de trouver d’autres débouchés économiques à travers le domaine du sport, mais aussi de celui d’hôtellerie, du luxe, également investi par le Qatar mais ça on le verra dans la suite de cet article. Évidemment quand on parle de football, on ne parle pas d’autres choses. Et pourtant, il y aurait beaucoup à dire sur ce qui se passe au Qatar. Sous le tapis d’une image extrêmement dynamique et jeune, se cachent des événements beaucoup plus tragiques. Ce qui est certain, c’est que pour atteindre leurs objectifs les Qataris doivent obligatoirement changer leur image.

TRANSMUTATION !

Il y a 10 ans personne ne connaissait le Qatar. Grâce à un gros travail de fond, le monde a changé de vision sur ce pays. En réalité, le PSG n’est qu’un faire valoir du Qatar qui se sert de l’image du sport. Le club de la capitale n’est qu’un petit investissement du Qatar par rapport à tous les autres. Je dis bien petit investissement parce que, combien paierait une marque pour qu’on parle d’elle tous les jours ? Combien coûte une campagne publicitaire de Coca-Cola ? de McDonald, pour être tous les jours visibles ?

Combien seriez-vous prêt à payer pour qu’on parle de votre marque tous les jours ?

Écrivez-le en dessous dans les commentaires. Grâce aux nombreux transferts de joueurs stars, les médias ne cessent de parler du PSG version Qatar.

Les propriétaires du Paris-Saint-Germain construisent dans le temps. Ils investissent. Ils sont patients. Malheureusement, au début d’un business, on a souvent l’envie de voir rapidement un retour sur investissement surtout quand les sommes investies peuvent nous paraître importantes. Mais il faut penser à l’inverse.

En investissant cette somme qu’est-ce que cela va m’apporter sur le long terme ? Le courtermisme est une vision d’entreprise aux pieds d’argile. Le Qatar renforce ainsi ses relations avec des hommes influents. On a pu voir notamment Nasser Al-Khelaïfi très proche de l’ancien Président Nicolas Sarkozy.

Nasser AL-KHELAÏFI

En investissant à Paris, les Qataris frappent fort et montrent qu’ils sont capables de réussir ce que personne n’est jamais parvenu à faire. Faire du Paris Saint-Germain un grand club. Créer un empire, sans arme, sans guerre, en achetant le monde, c’est le Soft Power, on l’a vu précédemment, intégrer dans une stratégie de Nation Branding. Bon, je sais ça fait beaucoup de mots en anglais. Une autre preuve du Soft Power américain que la France subit. Le Nation Branding est la capacité d’un pays à promouvoir sa marque. Comment le monde va percevoir ce pays au travers des dimensions qu’il englobe (culture, gastronomie, sportive …). Le Qatar transforme le PSG autant qu’il veut transformer son image. On peut même voir là une métaphore. Le PSG était un club peu structuré avec une image internationale assez faible (comme le Qatar) où certains supporters faisaient la loi. Le PSG a fait le ménage parmi ces ultras. Ce sont des groupes de supporters qui sont friands de violence et qui font régner souvent un climat malsain. Le PSG a su mettre de l’ordre pour retrouver le calme dans le stade avec une enceinte pleine. Preuve de sa bonne gestion aux yeux du monde. Tout cela prouve qu’il est tout à fait possible de conquérir un marché autrement que par le marché en lui-même. C’est d’ailleurs une technique utilisée par de nombreuses marques. Elles offrent leurs produits à des personnes qui sont influentes, des stars, qui les porteront et qui feront croître la notoriété de la marque. Le Soft Power qu’on a vu précédemment ainsi que le Nation Branding amènent le Qatar à faire main basse sur la France.

MAIN BASSE SUR LA FRANCE

L’acquisition du Paris Saint-Germain par le Qatar n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Le Qatar a investi dans tous les pans de l’économie française afin d’accroître son influence et son image à travers le monde. La célèbre maison de haute couture Balmain a été rachetée pour 460 millions d’euros. Le maroquinier de luxe, Le Tanneur, fondé en 1898, a été acheté en 2011 par les Qataris pour près de 25 millions d’euros. Le célèbre grand magasin Printemps Haussmann est passé en 2013 sous la coupe du Qatar pour 1,6 milliards d’euros. Un des plus beaux hôtels de Paris, anciennement le Concorde Lafayette, a été racheté en 2013 par les Qataris pour un montant entre 700 et 800 millions d’euros. Mais ce n’est pas le seul hôtel à tomber dans l’escarcelle du Qatar : les célèbres hôtels de Cannes, le Martinez ainsi que le Carlton ont été rachetés par le pôle immobilier de Qatar Investment Authority.

On peut se demander si l’art de vivre à la française, biberonné par le Qatar, est toujours le même art de vivre. C’est comme être écolo et rouler en diesel avec une cigarette à la bouche. Le Qatar devient ainsi incontournable grâce à la diversification de ses investissements. Leur stratégie s’axe sur le visible ainsi que sur le non visible.

Plus votre produit a de l’influence dans votre marché, plus il est puissant.

Plus votre produit a de l’influence en dehors de votre marché, plus celui-ci est incontournable.

Diversifier ses produits permet de toucher plus de personnes. La difficulté est de rester congruent, raccord. Bien que le Qatar investisse dans des secteurs très différents, l’objectif reste le même. Être visible. Qu’on parle d’eux, quitte à dépenser des milliards d’euros. Parce qu’en réalité le Qatar est très menacé. Menacé en tant que pays. Menacé en tant que club. Il est temps de parler des frères ennemis du Qatar.

LES FRÈRES ENNEMIS

Toutes les grandes marques nomment leurs ennemis. Cela permet d’affirmer ses valeurs et de fédérer une communauté de fans qui sont prêts à combattre la marque concurrente.

Le Qatar a deux grands ennemis.

Le premier sur le plan sportif, avec l’Olympique de Marseille.

Le second sur le plan économique et géopolitique avec l’Arabie Saoudite.

La rivalité entre les deux clubs français remonte au début des années 90. Bernard Tapie, alors président de l’OM, comprend très vite qu’une rivalité entre Paris et Marseille apportera un engouement des fans et donc une manne financière. Bordeaux, le principal rival de Marseille à l’époque, n’a plus les moyens de rivaliser avec ce grand club. Canal+, avec Michel Denisot, achète les droits de diffusion des matchs du championnat de France. Les deux hommes pensent alors à créer une rivalité entre les clubs. Cette rivalité nourrie par l’argent et les médias a tout pour fonctionner. Les tensions exacerbées permettent d’augmenter l’audience. La rivalité entre le sud et le nord, entre la capitale et la province a tout pour attirer les foules. L’idée n’est pas nouvelle puisque le Classico espagnol voit s’affronter les deux grands ennemis du championnat, le Real Madrid et le FC Barcelone. Paris est bien content d’avoir comme ennemi Marseille et ce dernier l’est tout autant. Mais la vraie menace du Qatar est à ses portes. Les Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite ont une opposition très forte avec le Qatar sur la scène internationale. Ce sont ses voisins mais aussi ses grands rivaux.

En 1991, l’Irak décide d’envahir un petit État puissant, le Koweit. Ce conflit débouchera sur la guerre du Golfe.

J’en parle plus en détails dans une autre analyse qui décortique la création des chaînes d’information, BFM TV en tête. Le Qatar craint d’être envahi par l’Arabie Saoudite. Le pays a donc mis en place tout un plan pour revendiquer sa présence par tous les moyens possibles.

Le Cheikh Mansour Ben Zayed Al-Nahyane

En investissant sur le PSG, ils deviennent visibles et donc ils se protègent. On ne se préoccupe que de ce que l’on connaît. Les Émirats Arabes Unis sont même allés jusqu’à se joindre à un blocus économique imposé au Qatar. La tension est forte et est encore plus renforcée puisque le Cheikh Mansour Ben Zayed Al-Nahyane, membre éminent de la famille dirigeante d’Abou Dhabi et du gouvernement émirati décide de s’offrir, en 2008 la deuxième équipe de football de Manchester, Manchester City, devenue du jour au lendemain l’un des clubs les plus riches du monde. La rivalité régionale entre les deux pays se joue directement du côté sportif puisque le PSG et Manchester City s’affrontent en demi-finale de la ligue des champions. On comprend mieux quel est l’intérêt du Qatar d’investir autant dans le PSG, ainsi que dans les différents pans de l’économie française qui a encore un rayonnement international.

LE SPORT BUSINESS

« Ce n’est pas du sport si le succès est garanti ou si perdre n’a aucune importance. Ce n’est pas du sport s’il n’y a pas de relation entre l’effort et la récompense. »

déclara Pep Guardiola Manager actuel de Manchester City. Pep a raison même si lui-même est l’entraîneur d’un club où les millions coulent à flot pour écraser la concurrence.

Le PSG ne joue pas avec les mêmes armes que les autres clubs puisque ce n’est pas l’argent l’objectif, contrairement aux autres clubs (le Qatar en a énormément, on a pu le voir avec les transferts records). Ils visent la notoriété quel que soit le moyen. Le PSG écrase tout au niveau national. Le championnat français devient donc assez pauvre en intérêt. Il est uniquement drivé par les performances du PSG. Si celui-ci gagne, c’est normal. Par contre, s’ils font match nul ou s’ils perdent, c’est une catastrophe.

Les millions injectés aboutissent à une normalité de l’excellence. Les médias font leurs choux gras avec une défaite de ce club, même s’il vient de gagner plus d’une vingtaine de matchs.

La réelle question à se poser est : « peut-on se construire une image de marque à coups de millions ? ». L’argent étant assez tabou en France, cela attire la haine. On aime haïr une personne qui a du succès. On lui préfère le petit au gros. C’est le syndrome de David contre Goliath. C’est pour ça qu’il faut vraiment se concentrer sur sa vision. Plus votre entreprise aura du succès, plus elle aura de potentiels détracteurs. Surtout que l’on sait que la majorité des clients reste silencieuse. J’ai plus de chance d’avoir un commentaire de haters que d’avoir des commentaires vraiment très encourageants. C’est juste une statistique. Quelqu’un qui apprécie mon article a peu de chance de le commenter. A contrario, une personne qui le déteste va se transformer pour pouvoir me laisser un commentaire haineux. J’en profite pour faire un appel à vous. La meilleure manière de soutenir mon travail c’est de lâcher un pouce sous cet article et de me laisser un commentaire juste en dessous. Merci d’avance.

Dans le football, la culture du club est très importante. Elle permet de fédérer les supporters qui restent pour l’histoire et l’esprit et non pour l’argent. En attirant des stars internationales, le PSG a augmenté son nombre de fans. Mais seront-ils encore présents si les stars désertent ? Le PSG version Qatar n’a pas créé un esprit club comme sous l’ère de Michel Denisot.

Pour les plus anciens d’entre nous, on se souvient de Rai qui était parti du club en pleurant. L’identité de marque du PSG est encore à créer. Pour cela, il faut une histoire commune, avec des valeurs communes, avec des épreuves communes. Tout cela créera une légende.

Les clubs comme Lille ou encore Lyon construisent dans le temps avec notamment leurs centres de formation, la construction de leur stade. C’est en opposition avec un club qui construit uniquement avec de l’argent.

Le storytelling est une pierre essentielle à la création de l’image de marque. Quelle est l’histoire de votre entreprise ? Quel est le méchant que vous combattez ?

Le dialogue entre les dirigeants et les plus fidèles supporters est inexistant depuis l’arrivée du Qatar à la tête du club. Le Parc des Princes est plein mais l’ambiance y est moins ardente. C’est pourquoi il est indispensable de penser à une identité de marque avant de vouloir créer une image de marque.

Le Qatar a fait rentrer le loup dans la bergerie en recrutant des stars à coups de millions. Ce ne sont plus des mercenaires qui quitteront le club pour une meilleure proposition. Comment ne pas faire rentrer le loup dans la bergerie dans votre entreprise ?

Prenons un exemple avec YouTube. Si vous souhaitez augmenter votre nombre de vues voire même vos nombres d’abonnés, il est possible d’utiliser GoogleAds qui permet de faire des publicités vidéo sur YouTube. Cette plateforme fonctionne beaucoup avec le taux de clics sur vos vignettes ainsi que le time watching.

Le taux de clics, c’est l’intérêt que suscite votre miniature vis-à-vis des personnes auxquelles YouTube présente votre vidéo.

Le time watching, c’est le temps de visionnage de vos spectateurs. Pour faire simple, une vignette attire, le spectateur clique, si le sujet est raccord avec la vignette et aussi intéressant bien évidemment, alors il regarde votre vidéo. Si vous commencez à payer de la publicité, il y a beaucoup moins de personnes qui cliqueront sur votre vignette parce qu’elle sera potentiellement montrée à beaucoup plus. Voire même beaucoup plus de personnes non intéressées. Puisque l’algorithme s’occupe lui-même de montrer cette vidéo au public potentiellement intéressé en fonction des profils qui regardent vos vidéos.

Le taux global de clics de votre chaîne diminuera ainsi que le time watching. Vous avez fait rentrer le loup dans la bergerie et vos stats seront plombées. En voulant assainir le club au niveau des fans et en augmentant le prix des places, du fait de leurs nombreux investissements, le Qatar est en train de se couper du socle du PSG. Ce socle est représenté par les plus fervents supporters du club. Quoi qu’il se passe dans votre société, faites toujours attention de respecter les plus fervents croyants de votre paroisse, les meilleurs clients. Ce sont les plus engagés envers votre marque. Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, ils suivront votre marque à partir du moment où vous les respectez.

ICI, C’EST PARIS !

Le Qatar a redoré l’emblème du PSG à travers le monde. Malheureusement, on peut douter de la conviction sportive des Qataris vis-à-vis du club. Ils utilisent l’image du PSG pour travailler leur Nation Branding, devenir un pays influent et reconnu dans le monde.

En aucun cas, une image de marque ne peut s’acheter. Elle se construit avec le temps. C’est là où est toute la difficulté.

Si cela va vite, c’est que le produit se consomme vite.

Si cela prend du temps, c’est un produit que l’on savoure à consommer.

L’image du PSG n’est malheureusement pas parfaite et est écornée sur plusieurs pages. En 2013, après son premier sacre sous l’ère qatari, la fête rêvée par le club parisien vire au fiasco. Le Trocadéro est saccagé. Certains joueurs n’arrivent pas à être contrôlés par les Qataris.

L’affaire Serge Aurier en témoigne. Le joueur insultera copieusement son coach Laurent Blanc durant un live.

En 2017, malgré les nombreux investissements faits par les Qataris dans le club, le PSG subira la remontada des Barcelonais. Après avoir remporté le match aller 4 à 0, le club de la capitale s’inclinera 6-1 au match retour. À ce jour, le PSG court toujours après son premier sacre en Ligue des Champions, la compétition reine des clubs européens. Et tout cela malgré la voie tracée par le Qatar. Cette voie a fait des envieux. Désormais un certain nombre de ses voisins essaie de s’affirmer de plus en plus en appliquant la méthode du Soft Power et du Nation Branding. C’est la parfaite représentation du schéma du nivellement du marché dont je vous parle souvent. Une entreprise innove et amène le marché à un nouveau niveau. Il y a un temps de latence avant que la concurrence ne se mette à niveau. Une fois que celle-ci est effectuée, le marché est dans l’attente d’une nouvelle innovation. Et ainsi de suite et ainsi de suite.

Pour conclure sur le sujet du PSG et du Qatar, il est évident que construire une image de marque prend du temps et que l’argent n’est pas le seul critère de réussite. Injecter de l’argent en masse sans réelle stratégie peut vous couper de votre socle. Investir dans divers domaines dans un but de diversification est une bonne stratégie. Mais ce point doit rester cohérent. Il ne faut pas partir dans tous les sens et avoir une ligne directrice cohérente. Le Qatar a marqué de son empreinte le PSG.

Il a bien compris que pour exister, il ne devait certainement pas être l’énième copie d’une copie sinon il se transformerait en photocopieur.

Retrouvez l’intégralité de cette analyse sur ma chaîne Youtube en cliquant sur l’image juste en dessous :

Comment devenir un leader innovant et créatif pour domminer votre marché grace à une image de marque unique
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